Impossible d’évoquer l’histoire des cafés parisiens et des bistrots européens sans penser à la chaise viennoise en bois courbé. Avec son dossier aux lignes souples, sa structure légère et sa silhouette immédiatement reconnaissable, elle fait partie des grandes icônes du mobilier de café depuis le XIXe siècle.
Mais derrière cette apparente simplicité se cache une véritable révolution industrielle. En perfectionnant le cintrage du hêtre à la vapeur, Michael Thonet a transformé la manière de concevoir, de fabriquer et de distribuer les sièges. Une innovation dont l’influence se retrouve aujourd’hui dans les collections de fabricants comme Paged, héritiers d’un savoir-faire européen consacré au bois courbé.
Des brasseries traditionnelles aux restaurants contemporains, les chaises bistrot en bois courbé continuent de séduire les architectes d’intérieur et les professionnels de la restauration. Leur intérêt ne repose pas uniquement sur leur esthétique : elles répondent aussi à des besoins concrets d’aménagement, de circulation et d’utilisation quotidienne.
Qu’est-ce qu’une chaise en bois courbé ? Il s’agit d’un siège dont certains éléments en bois massif sont cintrés après un traitement à la vapeur. Cette technique, également appelée bentwood, permet de réaliser des courbes continues tout en préservant la continuité des fibres du bois. Elle est à l’origine de nombreuses chaises viennoises et chaises de bistrot historiques.
Michael Thonet : l’invention d’une nouvelle manière de fabriquer les chaises

Au milieu du XIXe siècle, le fabricant Michael Thonet développe une approche qui va profondément modifier l’industrie du meuble. Plutôt que d’assembler de nombreuses pièces de bois sculptées, il exploite les propriétés du hêtre pour obtenir des éléments courbés, reproductibles et adaptés à une fabrication en série.
Présentée en 1859, la célèbre chaise n° 14, souvent appelée chaise de bistrot Thonet, devient l’une des réalisations les plus emblématiques de cette démarche. Sa structure repose sur six principales pièces en bois, assemblées à l’aide de vis et d’écrous.
Cette conception facilite la production, mais aussi le stockage et le transport. Les chaises peuvent être expédiées démontées, puis assemblées à destination. Pour l’époque, cette rationalisation constitue une avancée majeure dans la distribution internationale du mobilier.
Le succès est considérable : environ 50 millions d’exemplaires de la chaise n° 14 auraient été produits jusqu’en 1930. Au-delà de ces chiffres, le modèle s’impose dans l’imaginaire collectif comme l’un des symboles du café européen.

La chaise n° 14 ne doit pas seulement sa renommée à son dessin. Sa véritable modernité réside dans l’association d’une structure simplifiée, de pièces standardisées et d’une fabrication industrielle. Elle démontre qu’un mobilier fonctionnel peut aussi devenir une référence esthétique durable.
De Jasienica à Paged : une tradition polonaise du bois courbé
L’histoire du mobilier en bois courbé ne se limite pas à Vienne. Dès la fin du XIXe siècle, cette technologie se développe dans plusieurs centres de production d’Europe centrale, notamment sur le territoire de l’actuelle Pologne.
En 1881, une fabrique de meubles est fondée à Jasienica. Son développement s’inscrit dans l’essor de l’industrie du bois cintré, à une époque où les procédés issus de l’école Thonet se diffusent largement en Europe.
Au fil des décennies, l’établissement évolue dans un environnement industriel marqué notamment par le groupe Thonet–Mundus. Les méthodes de fabrication se structurent autour de la maîtrise du matériau, de la standardisation et de la répétabilité des pièces.
En 1931 apparaît la dénomination PAGED, issue de Polska Agencja Eksportu Drewna. Elle s’inscrit dans l’histoire de la filière polonaise du bois et du meuble, avant de devenir associée au développement de la marque actuelle.
Aujourd’hui, Paged poursuit cette tradition en associant les techniques du bois courbé à des collections contemporaines destinées à différents environnements, notamment les cafés, hôtels et restaurants.
Un savoir-faire de plus de 140 ans. L’histoire industrielle de la fabrique de Jasienica remonte à 1881. Cette ancienneté témoigne de la place durable qu’occupe le travail du bois courbé dans la tradition manufacturière polonaise, sans pour autant confondre les différentes entreprises qui se sont succédé au cours de cette histoire.
Pourquoi la chaise viennoise reste une référence dans les cafés et bistrots
Dans un bistrot parisien, une brasserie traditionnelle ou un restaurant contemporain, la chaise participe immédiatement à l’identité du lieu. La chaise viennoise possède à cet égard une qualité particulière : elle évoque l’histoire des cafés sans imposer nécessairement une décoration ancienne.
Ses courbes, son dossier ajouré et ses proportions compactes créent une présence visuelle discrète. Elle peut accompagner des tables en marbre et des banquettes dans une brasserie classique, mais aussi des matériaux plus contemporains dans un restaurant au design épuré.
Cette longévité s’explique par plusieurs caractéristiques :
- Une silhouette intemporelle : les courbes du bois donnent au siège une identité forte, sans multiplier les détails décoratifs.
- Une structure relativement légère : selon le modèle, les chaises sont faciles à déplacer lors du service et du réaménagement de la salle.
- Un encombrement maîtrisé : les proportions de nombreuses chaises bistrot conviennent aux espaces où chaque mètre carré compte.
- Une grande polyvalence esthétique : elles trouvent leur place dans les cafés traditionnels, les brasseries, les hôtels et les restaurants contemporains.
- Une diversité de finitions : teintes du bois, assises rembourrées et variantes de dossiers permettent d’adapter le mobilier au concept du lieu.
La chaise viennoise ne traverse donc pas les époques par simple nostalgie. Elle continue d’apporter des réponses pertinentes aux contraintes de l’aménagement professionnel.
Paged : du mobilier historique aux chaises professionnelles pour la restauration
Les collections actuelles de Paged illustrent les possibilités du bois courbé au-delà de la reproduction de modèles historiques. Certaines références conservent les codes classiques de la chaise viennoise, tandis que d’autres proposent des proportions, des dossiers et des assises adaptés à des intérieurs plus contemporains.
Cette diversité permet aux architectes, décorateurs et exploitants CHR de choisir un siège en fonction du caractère de l’établissement, de son implantation et de ses contraintes d’exploitation.
Pour un projet de restaurant, la qualité d’une chaise ne se juge pas uniquement à son apparence. La préparation du bois, la précision des assemblages, la stabilité de la structure, le choix des finitions et les possibilités de réassort jouent un rôle essentiel.
Ces critères prennent une importance particulière dans les établissements soumis à une fréquentation régulière. Le mobilier est déplacé, nettoyé et sollicité quotidiennement. Les caractéristiques techniques doivent donc être étudiées pour chaque référence, en fonction des conditions réelles d’utilisation.
Mobilier CHR : les critères à examiner. Pour une chaise destinée à un usage professionnel, il convient de vérifier la résistance de la structure, la stabilité, les finitions, les conditions d’entretien, les éventuels essais de conformité et la disponibilité des modèles pour de futures commandes. La mention « usage professionnel » ne remplace pas la consultation de la fiche technique.
Le bois courbé : une technique ancienne toujours pertinente

La fabrication d’éléments cintrés en bois massif exige une connaissance précise du matériau. Sous l’effet de la chaleur et de l’humidité, les fibres deviennent temporairement plus aptes à la déformation. Le bois peut alors être mis en forme, puis stabilisé pendant le séchage.
Le résultat dépend de nombreux paramètres : essence de bois, qualité des pièces sélectionnées, taux d’humidité, rayon de courbure et maîtrise du procédé. Le hêtre est particulièrement associé à cette tradition en raison de son aptitude au cintrage.
Même dans un environnement industriel moderne, le travail du bois courbé conserve donc une dimension technique exigeante. Les équipements permettent de maîtriser les opérations, mais la connaissance du comportement naturel du bois reste indispensable.
Cette combinaison entre héritage manufacturier et maîtrise contemporaine explique pourquoi le bois courbé continue d’intéresser les fabricants et les designers.
Comment choisir des chaises viennoises pour un restaurant ou un bistrot ?
Le choix d’une chaise de bistrot ne doit pas être uniquement esthétique. Dans un établissement CHR, il influence le confort des clients, la circulation du personnel, l’entretien quotidien et l’organisation de la salle.
- Le type d’assise : une assise en bois facilite généralement l’entretien, tandis qu’une assise rembourrée peut offrir davantage de confort pour les repas prolongés.
- Les dimensions : largeur, profondeur et hauteur d’assise doivent être compatibles avec les tables et l’espace disponible entre les rangées.
- La maniabilité : le poids et la facilité de déplacement sont particulièrement importants dans les cafés à forte rotation.
- Les finitions : les teintes, vernis et revêtements doivent être choisis selon l’ambiance recherchée et les contraintes de nettoyage.
- La durabilité : il est nécessaire de vérifier les caractéristiques de résistance et les recommandations d’utilisation propres à chaque modèle.
- Le réassort : pour les hôtels, les groupes de restauration et les établissements multisites, la possibilité de commander ultérieurement des chaises identiques représente un avantage opérationnel.
Il faut également distinguer les chaises destinées à l’intérieur des modèles adaptés à une terrasse. Une chaise en bois courbé classique ne doit pas être considérée comme résistante aux intempéries sans confirmation explicite du fabricant.
Pour composer un aménagement cohérent, les chaises en bois courbé pour restaurants doivent être sélectionnées en relation avec les tables, les banquettes, les revêtements et le rythme de service de l’établissement.
Une icône du bistrot français qui continue d’évoluer
La chaise viennoise appartient à l’histoire du design européen, mais elle occupe aussi une place particulière dans l’identité des cafés et des brasseries françaises. Sa silhouette évoque un art de vivre fait de rencontres, de conversations et de lieux ouverts sur la ville.
Son intérêt dépasse pourtant cette dimension patrimoniale. La rationalité de sa construction, la lisibilité de ses lignes et les nombreuses possibilités de finition expliquent sa présence dans des projets d’aménagement très différents.
En poursuivant le travail du bois courbé, Paged montre comment une technologie issue du XIXe siècle peut continuer à inspirer le mobilier professionnel pour cafés, hôtels et restaurants.
Une chaise de restaurant réussie ne se résume ni à une signature esthétique ni à une référence historique. Elle doit trouver un équilibre entre confort, usage, entretien, cohérence architecturale et durée de vie. C’est précisément ce qui rend les meilleures interprétations de la chaise viennoise toujours actuelles.












